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LA MODE INDIENNE ET LES STYLISTES
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Grande comme 6 fois la France, l’Inde est une mosaïque de régions, de reliefs et de climats différents. De la fraîcheur du Cachemire aux rivages humides du Kerala, en passant par les paysages arides du Rajasthan, le visiteur ne peut rester insensible à la multitude de tenues vestimentaires. Selon les cultures et les traditions de chaque lieu, tantôt son regard est attiré par une femme en « sari » dans une rizière, tantôt par une autre en « lengha » ou en « ghagara » à l’occasion des fêtes de Diwali, ou par une autre encore en « salwar kameez » sur les plages de Bombay, ou bien encore en « churidhar » à l’entrée de l’Université de Madras.
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Chaque tenue a un sens et une histoire. Les "saris" sont les ensembles les plus fréquemment portés, les "suits" ont de plus en plus la faveur des femmes actives.
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Le "sari"
C’est la tenue traditionnelle pour la femme indienne, quelle que soit sa condition. En coton, il est porté par les ouvrières sur les chantiers en bordures des routes, mais en soie brodée et bordé d’un « zari » doré, il peut être le vêtement de cérémonie pour la bourgeoisie… Il est composé :
d’une longue pièce de tissu (le sari proprement dit) enveloppant le bas du corps et une partie du haut, drapé de différentes manières selon les circonstances, les coutumes régionales et les appartenances communautaires ;
d’un bustier ("cholli" en hindi, "radiké" en tamoul, "blouse" en anglais), très ajusté, couvrant épaules, poitrine et partie des bras ;
d’une petite jupe (invisible) que la femme porte sous son sari ("peticoat").
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Le "suit"
C’est la tenue de la femme moderne. Désigné sous différentes appellations telles le "penjabi" ou le "salwar kameez" dans le Nord, ou bien le "churidar" dans le Sud, il est toujours composé de 3 pièces :
une tunique ("kurta"), plus ou moins ajustée selon les modes et les saisons, couvrant traditionnellement le haut du corps jusqu’au mollet, généralement sans col et à manches courtes ;
un pantalon retenu à la taille par un cordon, coupé et confectionné principalement de 4 manières différentes : le "salwar" (ou "balloon type", coupe large), le "patiala" (bouffant), le "churidar" (ou "push-up", ajusté et fronçant sur la cheville) et le "parallel pants" (coupe droite)
une étole : "duppata" en tamoul et en hindi, "chawl" en anglais.
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Les nouveaux stylistes
La mode en Inde en est encore à son balbutiement. Les premières créations datent des années 80 mais, aujourd'hui, alors que le pays est en pleine croissance et que la classe moyenne se développe, personne n'oublie l'énorme potentiel de ce marché intérieur : pendant que l'Inde et ses mannequins sont « trendy » de Paris à New York, de grands "acheteurs internationaux" jettent un regard attentif aux nouvelles créations provenant de Bombay, Delhi ou Madras. Déjà quelques stylistes indiens sortent du lot, qui mêlent la traditionnelle "indian touch" à la "silhouette occidentale".
Les longs jupons chatoyants de bohémienne chic, brodés de perles, miroirs et clochettes de Ritu Kumar rivalisent avec ceux exhibés sur le papier glacé des grandes revues. Les jupes cloches de Manish Arora bordées de fourrure, rehaussées de dentelle de cuir ou plastique sur soie sauvage jaune ou violine façon princesse se vendent Paris. Les jupettes épurées en voile de coton plissées à la manière du Rajasthan de Rajesh Pratap Singh trouvent acheteurs de Tokyo à Singapour.
De nombreux stylistes tels Neeta Bhargavan, Ritu Kumar, Rohit Bal, Ritu Beri, Manish Malhotra, Poonam Babariva, Anshita Asnani commencent à se faire reconnaître sur les grandes places internationales. Des débuts prometteurs…
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